Après la série d’articles De Windows à Linux, introduisant l’univers Linux sur Ultigame, nous allons à présent rentrer dans les aspects plus techniques.
Pour la première, c’est le sujet des distributions (distro en abrégé) mères et filles qui sera mis à l’honneur, accompagnées de leurs noyaux et de leurs divers gestionnaires de paquets / formats d’applications.
- Explication des distributions mères/filles
- Les noyaux (kernels)
- Les gestionnaires de paquets et formats de logiciels
On définit une distribution mère comme un système complet et interactif, pouvant garantir un socle solide et se situant généralement à la tête de sa famille. Parmi les plus connus, il y a Debian, Fedora Linux, Arch Linux, Gentoo et NixOS.

Quelques-unes d’entre-elles ont été réutilisées et remodelées pour engendrer des filles, dont voici deux exemples concrets : Debian et Ubuntu // Fedora Linux, Red Hat Enterprise Linux (RHEL) et Nobara Linux.


Pour le cas Fedora Linux : Fedora est la branche communautaire, grand public, et RHEL la branche professionnelle. Red Hat contribue aux deux, Fedora étant le terrain d’essai idéal pour de futures implémentations de fonctionnalités dans Red Hat Enterprise Linux.

Quant à Nobara Linux, c’est un projet développé par GloriousEggroll, portée par une Fedora classique et agrémentée pour le jeu et la création audiovisuelle.

Pour Ubuntu, sa popularité en a inspiré d’autres (Linux Mint, Pop!_OS, Zorin OS, …), devenant une distribution mère à son tour, ce qui peut produire des arbres généalogiques très fournis et qui propose par la même occasion un large choix.

Le revers de la médaille est que l’utilisateur lambda peut être perdu, d’où la lecture de cet article que je vous recommande fortement pour une sélection plus restreinte mais tout aussi efficace (bureautique, navigation Internet, jeu vidéo (cartes graphiques NVIDIA incluses) et niveau avancé).

Attardons-nous maintenant sur la seconde colonne du tableau ci-dessous : le noyau (kernel).
| Distribution mère | Version du noyau (8 octobre 2026) |
| Debian 13 | 6.12.111 |
| Distribution fille | Version du noyau (8 octobre 2026) |
| Ubuntu 26.04.1 LTS | 7.0.0-38 |


En effet, si vous êtes sous Windows ou Mac, votre système d’exploitation (OS) possède une version et des réglages définies de son noyau (sauf manipulations ou utilisation de logiciels/extensions tiers pour le modifier en profondeur).

Chez Linux, la partie liée au kernel est un peu plus modulaire, avec différentes éditions actives, régulièrement mises à jour selon la compatibilité matérielle, un besoin LTS (support à long terme) ou non, dont les distros se servent pour soutenir leurs OS.
Sur ce principe, une distribution mère peut être reprise avec son noyau actuel, un plus récent ou un personnalisé pour un usage donné.
L’interchangeabilité du noyau est une option directement incluse dans certains systèmes tels que Nobara Linux ou CachyOS, ajoutant un angle de configuration supplémentaire pour les plus avertis, sans avoir à tout réinstaller de A à Z.




Le lien de parenté a une autre importance car le format de fichiers exécutables et le(s) gestionnaire(s) de paquets vont dépendre en partie de la mère de famille :
| Distribution mère | Format de fichier phare | Gestionnaire(s) de paquets phare(s) |
| Debian (Ubuntu, Linux Mint, Zorin OS, etc) | .deb | APT (Advanced Package Tool) et dpkg |
| Red Hat (Fedora Linux, CentOS, Rocky Linux, etc) | .rpm | DNF et RPM (RPM Package Manager / Red Hat Package Manager) |
| Arch Linux (Manjaro Linux, CachyOS, etc) | Pacman | |
| NixOS | Nix | |
| Gentoo Linux | Portage | |
| Solus | eopkg |
Pour le comparatif, le .exe domine sur Windows et c’est le .dmg qui semble prévaloir sur macOS.
D’autres formats existent également sous Linux, pour davantage de flexibilité :
- Snap
- propriétaire à Canonical, l’entreprise derrière Ubuntu, il n’en est pas exclusif et l’activation des dépôts snap peut se faire en dehors d’Ubuntu
- format globalement déprécié, la plupart des distributions filles d’Ubuntu préfèrent les .deb et les flatpak, retirant parfois d’office les dépôts snap
- Flatpak
- logiciel encapsulé dans une boîte contenant toutes les dépendances nécessaires à son bon fonctionnement, sans débordement sur le reste du système
- la plateforme Flathub effectue une vérification et un tri avant de publier un flatpak sur leur bibliothèque, de quoi rassurer un minimum, surtout quand on a suivi la secousse autour de l’Arch User Repository (AUR) en 2026 et son rappel que la confiance n’exclut pas le contrôle
- Appimage
- mode portable (sans installation) d’une application, pouvant s’avérer pratique sur un support amovible (clé USB, disque externe, etc) pour les dépanneurs et/ou professionnels

Enfin, voici l’ordre à privilégier pour l’installation de programmes sous Linux :
- Le format système, dédié à la distribution, au travers de la logithèque / gestionnaire de paquets / magasin d’applications intégré
- Le format Flatpak de la bibliothèque Flathub (activation ou ajout manuel du dépôt dans votre logithèque à prévoir selon votre distribution)
- Le fichier deb, rpm, … téléchargé de préférence et en priorité depuis le site officiel de l’éditeur