Il y avait quelque chose d’un peu cruel dans la destinée de LEGO City Undercover sur Wii U. Excellent jeu, publié trop tôt sur une console que personne n’avait, vendu à trop peu de personnes pour mériter l’attention qu’il aurait dû avoir. Quatre ans plus tard, le voilà qui refait surface sur Switch, sur PS4 et Xbox One, avec un mode coopératif local en prime. L’occasion de donner enfin à Chase McCain l’audience qu’il méritait. Et franchement, il était temps. Ce policier légèrement maladroit et son univers de briques colorées, c’est l’un des meilleurs jeux familiaux que TT Games ait jamais produit. On a repris du service pour vous.
🎮 Gameplay
LEGO City Undercover, c’est essentiellement un GTA familial en briques. On incarne Chase McCain, un policier revenu en ville pour recapturer Rex Fury, le grand méchant du coin, et on explore librement une immense ville ouverte à bord de voitures, bateaux, hélicoptères et même une petite escapade dans l’espace. La grande idée du jeu par rapport aux autres titres LEGO, c’est de concentrer tous les déguisements et capacités sur un seul personnage. Pas besoin de switcher entre plusieurs héros pour résoudre les puzzles : Chase collectionne des tenues qui lui donnent accès à de nouvelles compétences au fil de l’aventure. Le mineur brise les rochers, le pompier attaque les portes à la hache, le fermier fait pousser des plantes, le voleur crochète les serrures. Le level design exploite ces combinaisons avec inventivité, et on ne s’ennuie pas. Le mode coopératif local à deux joueurs est la grande nouveauté de cette version Switch. Un deuxième Chase peut rejoindre la partie à tout moment et explorer la ville de son côté ou accompagner le premier joueur dans l’histoire. L’écran se sépare verticalement et chacun fait ce qu’il veut. C’est fun et bien implémenté, même si le framerate trinque un peu dans cette configuration. Quelques chutes de fluidité en mode portable et des temps de chargement un peu longuets viennent rappeler qu’on joue à un portage d’un jeu de 2013, mais rien qui ne casse vraiment l’expérience.
🎨 Graphismes
LEGO City est une ville immense et étonnamment vivante. On passe de quartiers résidentiels tranquilles à des zones industrielles, d’une plage tropicale à un chantier en construction, d’une prison à un aéroport. La variété des environnements est vraiment impressionnante pour un jeu de ce type, et chaque zone regorge de petits gags visuels, de références à des films cultes et de détails cachés qui récompensent l’exploration attentive. En mode TV, le jeu tourne en 1080p avec un rendu propre et coloré qui rend hommage au monde LEGO. En mode portable, on descend à 720p avec quelques baisses de framerate visibles, surtout dans les zones très denses ou lors de la co-op. Ce n’est jamais au niveau de ce qu’on a vécu dans RiME, mais c’est notable pour les plus sensibles. Les animations des personnages sont expressives, les scènes cinématiques nombreuses et souvent drôles. La ville en elle-même est la vraie star graphique du jeu, bien plus que les personnages eux-mêmes.
🎵 Son
L’un des points forts du jeu, clairement. LEGO City Undercover est l’un des premiers titres LEGO à avoir eu droit à un vrai doublage vocal complet, et le résultat est vraiment savoureux. Chase McCain est attachant dans ses maladresses, Frank Honey, son équipier complètement à côté de la plaque, vole régulièrement la vedette avec des répliques imprévisibles et franchement hilarantes. Le script multiplie les parodies de films policiers des années 70 et 80, les clins d’oeil à Arnold Schwarzenegger, les blagues de flic éculées retournées avec malice. C’est écrit avec soin et ça se sent. La bande-son musicale accompagne bien l’aventure avec des thèmes funky et décontractés qui collent parfaitement à l’ambiance de comédie policière du jeu. On signalera juste que les musiques des écrans de chargement, que vous allez entendre assez régulièrement, finissent par user les nerfs à la longue. Un détail, mais un détail qui agace.
⏱️ Durée de vie
C’est l’un des jeux les plus généreux de sa catégorie. La campagne principale, soit suivre l’histoire de Chase jusqu’à l’arrestation de Rex Fury, occupe une quinzaine d’heures à un rythme tranquille. Mais c’est autour que tout se passe vraiment. LEGO City est truffée de collectibles en tout genre : véhicules à débloquer, personnages à recruter, super briques à trouver, drapeaux à planter sur chaque bâtiment, coffres cachés dans les moindres recoins. Les completionistes peuvent facilement passer 40 à 50 heures à tout rassembler. La coopération locale est un excellent prétexte pour relancer une partie déjà terminée avec un ami ou un enfant. Et la ville reste tellement plaisante à parcourir librement, à voler des véhicules en mode policier bienveillant, à chercher le prochain gimmick caché dans un quartier inexploré, qu’on y revient naturellement. Un jeu qui en donne vraiment pour son argent, à condition de ne pas être rebuté par la collecte répétitive.



