Depuis que Minecraft a déferlé sur la planète gaming, tout le monde attendait que LEGO finisse par répondre. Parce que franchement, les briques en plastique colorées et le bac à sable numérique infini, c’est fait pour s’entendre. LEGO Worlds est arrivé sur Switch en septembre 2017 avec cette promesse en bandoulière : un monde ouvert entièrement fait de briques, des outils de construction pour tout construire, une infinité de planètes à explorer. Sur le papier, c’est le rêve. Dans la réalité, c’est un peu plus compliqué que ça. TT Games avait les idées mais pas toujours les moyens de les mettre en musique. On a construit, exploré et détruit pour vous faire le point.
🎮 Gameplay
LEGO Worlds démarre par un mode Aventure qui sert de tutoriel déguisé. On incarne un astronaute dont le vaisseau s’est crashé sur une planète inconnue entièrement constituée de briques LEGO. Pour réparer et repartir explorer de nouvelles planètes, il faut collecter des briques d’or en remplissant des quêtes pour les habitants locaux. Le principe est simple et accessible, mais il se heurte rapidement à un problème majeur : la répétitivité. Les quêtes proposées tournent en boucle autour des mêmes schémas. Un personnage veut qu’on lui construise quelque chose, un autre veut un objet précis à rapporter, un troisième envoie des vagues d’ennemis à éliminer. Et ainsi de suite, sur des dizaines et des dizaines de planètes générées de façon procédurale. La variété des biomes est réelle et parfois impressionnante, de la jungle tropicale aux paysages de bonbons en passant par les déserts et les donjons médiévaux. Mais le fond de gameplay ne varie guère. Le mode Bac à Sable, lui, est clairement le coeur du jeu et sa meilleure proposition. On y dispose d’emblée de tous les outils, de toutes les pièces et de toute la liberté pour construire ce qu’on veut, où on veut. C’est là que LEGO Worlds tient ses plus belles promesses, même si la précision du placement de briques à la manette reste une épreuve de patience notable.
🎨 Graphismes
Il faut lui reconnaître une vraie qualité visuelle. Les planètes de LEGO Worlds sont colorées, variées et fidèles à l’esthétique des vraies briques LEGO. Les effets de lumière sont soignés, notamment les couchers de soleil sur les surfaces plastifiées et les halos de chaleur dans les zones désertiques. Chaque biome a son propre palette de couleurs et son identité visuelle reconnaissable au premier coup d’oeil. Sur Switch en mode TV, le rendu est propre et fluide dans les zones peu chargées. En mode portable à 720p, le jeu tient bien la route et reste lisible. En revanche, les performances se dégradent sensiblement quand les planètes deviennent denses en objets et en constructions, avec des baisses de framerate perceptibles qui rappellent que le moteur n’est pas optimisé à la perfection. La co-op locale accentue ce phénomène. C’est rarement rédhibitoire, mais c’est visible. Le jeu nécessite par ailleurs 1,9 Go de mémoire interne pour les sauvegardes, impossible de les stocker sur la carte micro SD. Un détail technique agaçant à signaler aux possesseurs de Switch avec peu d’espace libre.
🎵 Son
La bande-son de LEGO Worlds est fonctionnelle et agréable sans jamais se démarquer vraiment. Les thèmes musicaux changent selon les biomes explorés et s’adaptent à l’ambiance de chaque planète, ce qui est une bonne idée bien exécutée. On passe des sonorités joyeuses et naïves dans les mondes de bonbons à des thèmes plus épiques dans les zones volcaniques ou médiévales. Rien de mémorable à emporter avec soi après la session, mais rien d’irritant non plus. Les effets sonores font le travail avec le sérieux qu’on attend d’un jeu LEGO, avec le claquement satisfaisant des briques qui s’emboîtent et les petits bruitages typiques de la franchise. Le jeu ne propose pas de doublage vocal à proprement parler, les personnages s’exprimant par onomatopées et gestes. Une approche cohérente avec l’univers LEGO mais qui prive le jeu du charme dialogué qui faisait tant le sel de LEGO City Undercover.
⏱️ Durée de vie
La durée de vie de LEGO Worlds est l’une des plus difficiles à évaluer du catalogue Switch. Le mode Aventure peut occuper une quinzaine d’heures avant d’être bouclé, mais la répétitivité de ses quêtes rend ce parcours plus pénible qu’agréable sur la fin. Le mode Bac à Sable, lui, est théoriquement sans limite : avec tous les outils et toutes les pièces disponibles d’emblée, seule l’imagination du joueur fixe les bornes. Certains créateurs passionnés y ont consacré des centaines d’heures à bâtir des villes entières brique par brique. La co-op locale à deux joueurs est également disponible et rend les sessions de construction beaucoup plus amusantes en bonne compagnie. Le problème, c’est que sans la profondeur d’un Minecraft, sans les mécaniques de survie et de gestion des ressources qui donnent un vrai sens à la progression, le mode Aventure se vide de substance trop rapidement pour les joueurs qui cherchent un objectif. LEGO Worlds convainc pleinement les joueurs créatifs et décoit les autres.


