En début de semaine, j’ai entamé une série d’articles autour de la transition Windows/Linux, dont les deux principales vérifications à faire avant tout changement ou remise à zéro de son système.
Nous voici sur la suite avec un contenu plus complet car cette fois-ci, nous attaquons ce qui se passe autour de Windows, mais aussi essayer de faire comprendre Linux de manière simple et efficace.
- Microsoft, de Windows 10 aux problèmes actuels de Windows 11
- L’idée autour de Linux et de ses distributions
- Les environnements de bureau Linux
- Le support des cartes graphiques NVIDIA, AMD et Intel sous Linux
- Conclusion
Microsoft, de Windows 10 aux problèmes actuels de Windows 11
Depuis sa première version en 1985, Windows a réussi à s’imposer comme un leader dans le marché des systèmes informatiques. Tout (ou presque) tourne sur Windows, la compatibilité matérielle est immense et l’utilisateur lambda n’a généralement pas besoin de bidouiller pour profiter d’une expérience clé en main.
Parmi les plus gros succès commerciaux passés, on peut citer Windows 95/98, Windows XP, Windows 7 et Windows 10.

En parlant de Windows 10 justement, il a été originellement pensé pour être le système d’exploitation final de Windows avec des mises à jour régulières, mais qui a vu sa version Windows 11 le supplanter progressivement et finalement le remplacer.

Le premier souci qui se pose est l’exigence matérielle imposée pour Windows 11 :
- le démarrage sécurisé (Secure Boot en anglais)
- la puce TPM 2.0
- un processeur x86/x64 ou ARM récent (lien vers la liste officielle Intel, AMD et Qualcomm pour Windows 11 25H2)

Dès lors, de nombreuses machines un peu vielles mais parfaitement fonctionnelles sous Windows 10 ne sont plus considérées comme telles par Microsoft.
Celles et ceux qui veulent conserver leur Windows 10 Famille ou Professionnel vont s’exposer à des failles de sécurité importantes qui ne seront plus corrigées à partir de 2026/2027, selon si vous avez accepté (ou non) le programme ESU.

Le second souci vient de nouveau de Windows 11 et sa politique autour des applications jugées inutiles par les utilisateurs, de l’IA Copilot et des fonctions de télémétrie.
Que vous travaillez sur des projets importants, chez vous ou au travail, ou que vous ne fassiez rien de spécial, vous avez le droit à votre vie privée, même si il n’y a rien à cacher. La télémétrie est trop présente en tâche de fond, d’autant plus que les fonctionnalités intrusives d’intelligence artificielle (dont Recall qui a fait une belle polémique) se sont immiscées un peu partout.
Pour les quelques personnes qui ne voient pas le problème là-dedans, je vais utiliser une image qui illustre bien : accepteriez-vous que votre propriétaire/bailleur (ou un inconnu) rentre chez vous sans autorisation, inspecte le contenu de vos meubles, objets, photos de famille, et dans le pire des cas vous prenne le double des clés pour venir quand bon lui semble sans être invité ? Votre maison/appartement est votre lieu de vie intime, au même titre que vos fichiers personnels, vous n’avez pas à les partager, sauf si vous le faites volontairement, en étant pleinement consentant.

Ceci étant dit, vous êtes encore libres de choisir votre OS et pour rester dans l’écosystème Windows, des propositions sont belles-et-bien envisageables si vous êtes encore sous Windows 10 :
- Mettre à jour Windows 10/installer Windows 11 si votre matériel est compatible
- Monter l’ISO officiel de Windows 11 dans le logiciel gratuit Rufus pour créer un support bootable sans les exigences matérielles de Windows 11
- Passer sur une version LTSC de Windows 10 (version officielle avec un support à long terme, mais sans certaines fonctionnalités récentes)
- Acheter un nouvel ordinateur compatible Windows 11 (au risque de faire un déchet électronique avec votre ancienne machine)

Toutes ces possibilités sont plus ou moins coûteuses et réalisables, entre le matériel neuf et/ou les clés de licences Windows 10 LTSC/Windows 11, surtout pour les entreprises qui dépendent (trop) des services et logiciels propriétaires de Microsoft.
L’option Rufus (logiciel gratuit de création de clé bootable Windows, Linux, etc) peut se faire pour les particuliers. Cela fonctionne plutôt bien pour le moment, mais rien ne garantit malheureusement que cet usage précis de Rufus sera efficace sur les prochaines années (Microsoft pourrait trouver un moyen de verrouiller ce contournement dans les futures versions de Windows).

L’idée autour de Linux et de ses distributions
Maintenant que nous avons vu les controverses actuelles autour de Windows 11, venons-en à Linux, sa philosophie et surtout pourquoi c’est maintenant une alternative plus que viable pour n’importe quel ordinateur, qu’ils soient compatibles (ou non) Windows 11.
Tout d’abord, Linux n’est pas un système d’exploitation (OS pour l’acronyme) en temps que tel mais un noyau (kernel en anglais) crée dans les années 1990 par Linus Torvalds.

Il s’agit d’un cœur, une manière de lier le matériel et le software, offrant un socle commun pour y greffer des modules/paquets afin d’obtenir des distributions, des OS complets, personnalisés selon les usages voulus (dont Debian et Slackware, crées toutes deux en 1993 et qui sont encore actives aujourd’hui) et très souvent gratuits.

Vous entendrez peut-être aussi le terme GNU/Linux. En effet, le projet GNU, centré sur l’open-source (création, modification et partage d’outils et/ou de logiciels libres (non propriétaire)), a été initié en 1983/1984 par Richard Stallman, étant donc plus vieux que Linux. Les briques de GNU ont trouvé une belle place autour du noyau Linux, et peuvent être incluses (ou non) selon la vision et le besoin d’une distribution.

Initialement assuré et maintenu par des développeurs passionnés de l’open-source, des entreprises telles que IBM, Intel et Red Hat (distributeur de Fedora) ont ensuite ajouté leur pierre à l’édifice avec des soutiens financiers.

Avec les années, le succès a été de plus en plus présent, une base solide et grandissante de matériel pris en charge (imprimantes, cartes Bluetooth/WiFi, cartes graphiques, périphériques, …) et d’utilisateurs particuliers/professionnels ayant répondu à l’appel de l’idée d’une informatique plus libre et responsable.
Sans le savoir, vous interagissez avec Linux au quotidien, de votre téléphone Android à votre Steam Deck, et même en coulisses avec les très nombreux services en ligne sur les serveurs (jeux, messagerie, stockage en ligne, etc).

En 2026, les distributions Linux sont bien plus nombreuses qu’au début, que ce soit pour de la simple bureautique, de la navigation sur Internet, de la production audio/vidéo, du homelab (Proxmox), pour jouer sur les derniers titres du moment, …
Il est désormais possible utiliser certaines distributions sans toucher à la moindre ligne de commande (tout se fait avec des interfaces graphiques) : installation/suppression des logiciels via des logithèques, mise à jour du système et du noyau, etc.

Tout n’est pas parfait non plus, selon la branche de Linux que vous choisirez (Debian/Ubuntu, Fedora, Arch Linux et leurs dérivés), il faudra parfois mettre les mains dans le terminal et faire des recherches et des essais avant d’arriver à la bonne configuration.

Ces étapes peuvent faire peur aux débutants et c’est tout à fait normal, on n’est pas tous prêt à changer ses habitudes d’un claquement de doigt. L’initiation vers Linux se fait généralement par des recherches, de la lecture d’article (comme celui-ci), des visionnages de vidéo, en bref tout média nous apportant de la connaissance utile.
Puis vient le temps des tests et ce, sans toucher à son instance Windows si possible, le temps d’être sûr de soi. Il s’agit du prochain chapitre qui sera publié plus tard ce mois-ci (d’ores-et-déjà en cours de rédaction), pour le moment, continuons sur la compréhension de l’univers Linux.
Les environnements de bureau Linux
Petit détour rapide sur les environnements de bureau. Avec Linux, pour un même système, plusieurs interfaces sont possibles.

Cette diversité offre une très grande personnalisation dans la façon de gérer le système et d’accéder à ses fonctions, afin d’être le plus à l’aise possible.
Les deux principales, les plus connues et utilisées, sont GNOME et KDE Plasma.


Si vous avez de l’équipement de plus de 10/15 ans, Linux peut vous ressusciter une machine avec des environnements tels que Xfce ou LXQt.


Dans les nouveaux venus, nous avons COSMIC, originellement créée par Pop_OS! et repris par d’autres distributions, et Cinnamon, utilisé par Linux Mint notamment.


Le support des cartes graphiques NVIDIA, AMD et Intel sous Linux
Avec Linux, il y a donc le choix de l’apparence globale (customisable par la suite), des paquets/logiciels libre et/ou propriétaires, plus de flexibilités sur l’usage et le matériel visé (moderne et ancien), tout à l’air d’être parfait sur le papier.
C’est quasiment vrai en 2026, hors ce serait mentir en disant que ça a toujours été le cas. Nous sommes sur un site géré par des joueurs, parlant de jeux et plateformes variées, mais le support des cartes graphiques touche aussi les professionnels de création audiovisuelle, artistes 3D, …

Historiquement, quand on souhaitait tenter Linux pour ces usages, il valait mieux être équipé d’une carte graphique AMD, car mieux pris en compte sans devoir installer un pilote propriétaire.

La donne a commencé à changer pour les possesseurs de carte graphique NVIDIA depuis quelques années avec des drivers dédiés, optimisés et récents (branche 595/610 en septembre 2026), dont la mise à disposition des pilotes propriétaires sur les dépôts officiels des distributions, sur le site de NVIDIA, voire même déjà inclus dans le système d’exploitation (distributions orientés gaming/création notamment) et mis à jour régulièrement.

Intel, constructeur de carte graphique depuis 2022, se positionne quant-à lui comme AMD avec un support globalement natif, direct « out of the box ».

Les processeurs graphiques Intel/AMD intégrés aux processeurs ne sont pas concernés par ces détails, utilisant des pilotes génériques inclus de base.
Conclusion
Cette seconde partie de la série « De Windows vers Linux » est plus consistante mais très importante pour se faire une idée du parcours qui a été fait par Linux depuis une trentaine d’année.
Son rôle au départ minime est devenu colossal en 2026, au point qu’une personne novice et/ou connaisseuse de l’univers PC aujourd’hui peut sereinement utiliser un système sous Linux, en choisissant par exemple une distribution grand public dont Debian, Ubuntu, Fedora ou Linux Mint.

Prochain article à venir pour septembre 2026 : comment tester Linux chez soi ou au travail (en accord avec sa hiérarchie), sans avoir à effacer son système d’exploitation actuel. Même si vous avez déjà Linux, cela peut aussi vous concerner, en cas d’essai d’une autre distribution ou par curiosité de découvrir de nouveaux logiciels.