Pourquoi ce top 25, et comment on l’a construit
Quatrième volet de nos grands dossiers, et sans doute le plus intime. Car la Game Boy, on ne la partageait pas devant la télé du salon. On la vivait seul, sous la couette avec une lampe de poche, au fond de la voiture sur la route des vacances, ou dans la cour en échangeant des Pokémon par câble Link. Cette console n’était pas la plus puissante, loin de là. Elle a pourtant écrasé toute concurrence, Game Gear et Lynx comprises, avec une arme simple : des jeux pensés pour elle, et une autonomie qui frôlait l’insolence.
Les règles habituelles s’appliquent. On juge les jeux manette en main aujourd’hui, on privilégie les sorties PAL, et on assume nos choix. Une précision importante pour celle-ci : on parle bien de la Game Boy originale, la grise, celle de l’écran vert. Les jeux exclusifs à la Game Boy Color auront droit à leur propre dossier, promis. Vous verrez tout de même une exception ou deux dans les mentions honorables, parce qu’on n’est pas des monstres.
Ce qui frappe en construisant ce classement, c’est la densité de miniatures géniales. Les développeurs de l’époque n’ont pas cherché à compresser des jeux de salon dans 160 par 144 pixels. Ils ont inventé un autre jeu vidéo, plus condensé, plus malin, taillé pour les sessions courtes et les écrans minuscules. Une philosophie qui ressemble furieusement à celle du jeu indépendant d’aujourd’hui.
Trois géants dans la poche
Le top 25 complet
Ils auraient pu en faire partie
Plus de mille jeux sont sortis sur Game Boy, alors forcément, la coupe a été sévère. Certains cadors manquent à l’appel pour une question de place, d’autres parce qu’ils appartiennent techniquement à la génération Color. Voici ceux qui ont fait le plus mal à écarter.
Et on garde une pensée pour les Tortues Ninja de Konami, pour Fortified Zone et pour tous les portages improbables que l’on a retournés faute de mieux pendant les vacances. La Game Boy, c’était aussi ça : on jouait à ce qu’on avait, et on l’aimait fort.
Comment (re)jouer à ces jeux aujourd’hui
La porte d’entrée la plus simple reste le Nintendo Switch Online. Le catalogue Game Boy est inclus dans l’abonnement de base et propose une belle sélection, dont Link’s Awakening, Metroid II, Tetris ou Gargoyle’s Quest, avec un choix de filtres d’écran, du vert DMG à la palette Color. Sauvegardes instantanées et retour en arrière compris, de quoi adoucir certaines difficultés d’époque.
Nintendo a aussi ressuscité plusieurs titres du classement sous forme de remakes. Link’s Awakening a eu droit à sa magnifique version Switch en 2019, et Metroid II a été réinventé sur 3DS avec Samus Returns. Deux excellentes façons de découvrir ces jeux, même si les originaux gardent un charme que les remakes ne remplacent pas totalement.
Pour le matériel d’origine, bonne nouvelle : la famille Game Boy est immense et abordable. Une brique grise se trouve facilement, et surtout, la rétrocompatibilité joue pour vous. Une Game Boy Color ou une Game Boy Advance accepte les cartouches d’origine, et une GBA SP à écran rétroéclairé reste une façon idéale d’y jouer confortablement. Les bricoleurs se tourneront vers les mods d’écran IPS, qui transforment une vieille DMG en machine moderne tout en gardant son âme. Attention en revanche aux piles de sauvegarde des cartouches, qui ont plus de trente ans : vos sauvegardes de Pokémon vivent en sursis, pensez à changer la pile ou à sauvegarder vos parties autrement.
Enfin, la voie premium s’appelle Analogue Pocket. Cette portable FPGA reproduit fidèlement le hardware d’origine, accepte les vraies cartouches et affiche le tout sur un écran sublime qui simule même le rendu de l’écran DMG. Et bien entendu, l’émulation classique fonctionne parfaitement partout, du téléphone aux consoles portables rétro, la Game Boy étant l’une des machines les plus légères à faire tourner.
La boucle est bouclée pour la petite grise. Elle a survécu aux chutes, aux coffres de voiture en plein été et même, dit-on, à la guerre du Golfe pour un exemplaire resté célèbre. Dites-nous en commentaire quel jeu tournait en boucle dans votre Game Boy, et à quelle console vous voulez voir ce dossier s’attaquer ensuite.


