Introduction : quand AYANEO change complètement de catégorie
On a l’habitude, de parler de machines d’émulation abordables, où chaque tranche de dix euros compte. Avec la AYANEO Next 2, on change radicalement de monde. Annoncée fin 2025 sous le nom de code Next II, financée via une campagne Indiegogo, et livrée à l’international à partir de fin juillet 2026, cette console ne joue plus dans la même cour que les Steam Deck, ROG Ally ou Legion Go. Elle vise carrément les PC de bureau.
Le PDG d’AYANEO, Arthur Zhang, ne s’en cache pas : l’objectif était de proposer la machine portable la plus puissante jamais commercialisée. Écran OLED géant, puce AMD Ryzen AI Max de dernière génération, jusqu’à 128 Go de RAM, tout est démesuré. Mais cette ambition a un prix, littéralement : une crise mondiale des composants mémoire a fait exploser les tarifs en cours de route, transformant un projet déjà ambitieux en objet de luxe assumé.
Alors, folie des grandeurs ou vraie prouesse technique qui mérite qu’on s’y attarde ? On vous emmène faire le tour complet de cette bête, spécifications, émulation, mais aussi et surtout sa vraie raison d’être : jouer à votre ludothèque Steam, Epic, Ubisoft ou Blizzard directement depuis votre poche.
Présentation détaillée de la console
La première chose qui frappe avec la Next 2, c’est son gabarit. AYANEO assume totalement la démesure, au point de dépasser en taille la Legion Go 2 de Lenovo, déjà considérée comme imposante. Ici, pas question de discrétion, la console affiche fièrement des poignées ergonomiques surdimensionnées, un logo AYANEO lumineux et des haut-parleurs stéréo en façade. C’est du gaming portable pensé comme une déclaration, pas comme un objet du quotidien qu’on glisse dans une poche.
Le cœur du spectacle, c’est cet écran OLED sur mesure de 9,06 pouces, un format paysage natif taillé spécifiquement pour le jeu plutôt que recyclé d’une tablette. La résolution grimpe à 2400 x 1504 pixels, un ratio 3:2 plutôt inhabituel qui privilégie la hauteur d’affichage, et le taux de rafraîchissement variable peut atteindre 165 Hz, avec des paliers à 60, 90, 120 et 144 Hz selon vos besoins. Ajoutez à cela une luminosité de pointe autour de 1100 nits, une couverture DCI-P3 complète et un dimming PWM à 5280 Hz, et vous obtenez l’une des plus belles dalles jamais montées sur une console portable.
Sous le capot, deux options de puces AMD de la famille Strix Halo s’affrontent : le Ryzen AI Max 385 pour la configuration d’entrée, et le monstrueux Ryzen AI Max+ 395 pour les versions supérieures, combinant architecture Zen 5 et graphismes RDNA 3.5. Ce sont littéralement des puces de PC portable haut de gamme, capables de faire tourner des jeux AAA récents avec des réglages élevés, une première pour ce format de console. Le refroidissement suit avec un système à double ventilateur et un plafond de TDP annoncé jusqu’à 85 W.
Côté contrôles, AYANEO soigne aussi sa copie : joysticks TMR à couple réglable, une première sur un ordinateur de poche Windows, un D-pad à huit directions, un double pavé tactile rond inspiré du Steam Deck pour la précision de visée, un système de verrouillage des gâchettes à double mode et quatre boutons additionnels à l’arrière. Tout est pensé pour rivaliser avec une vraie manette de salon, tout en gardant l’accès aux fonctions tactiles utiles sur certains jeux.
La batterie suit l’ambition générale avec une capacité massive de 115 à 116 Wh, intégrée directement dans le châssis plutôt que sous forme de pack détachable comme chez certains concurrents Strix Halo. De quoi nourrir cette débauche de puissance, même si personne, pas même AYANEO, ne promet une autonomie confortable sur les jeux les plus gourmands. Enfin, la console tourne nativement sous Windows, avec la surcouche logicielle maison AYASpace repensée pour donner à l’interface des allures de console, malgré le système d’exploitation de Microsoft en toile de fond.
Spécifications techniques
Voici la fiche technique complète de cette machine hors normes.
Performances en émulation
Autant le dire tout de suite : utiliser une machine à plusieurs milliers de dollars uniquement pour émuler des jeux SNES relèverait presque de l’hérésie économique. Voyons ce que donne la Next 2 sur ce terrain, ne serait-ce que pour la comparaison.
Le constat est sans appel : la Next 2 traite l’émulation rétro classique comme une formalité, l’écrasante majorité des systèmes tournant sans la moindre difficulté. C’est un peu comme utiliser une supercar pour aller chercher le pain, ça fonctionne à merveille, mais ce n’est clairement pas là que la machine exprime tout son potentiel. Sa vraie mission se trouve ailleurs, et c’est justement l’objet du chapitre suivant.
Jouer à vos jeux Steam, Epic, Ubisoft et Blizzard, en vrai
C’est ici que la Next 2 change complètement de nature par rapport à tout ce qu’on a pu tester jusqu’ici sur UltiGame. Contrairement aux consoles Android qui nécessitent des couches de compatibilité, du cloud gaming ou du streaming distant pour approcher vos jeux PC, la Next 2 tourne sous Windows natif. Concrètement, cela veut dire que vous installez vos launchers habituels comme sur n’importe quel ordinateur, et que vos jeux tournent en local, exécutés directement par la puce de la console, sans passer par une connexion internet ni par un serveur distant.
Concrètement, sur le papier, la version équipée du Ryzen AI Max+ 395 permet de faire tourner la grande majorité des jeux AAA récents, y compris des titres exigeants comme les derniers Assassin’s Creed, Call of Duty ou Cyberpunk 2077, en réglages moyens à élevés, à une résolution adaptée à l’écran de la console plutôt qu’en 4K natif. La quantité de RAM disponible, jusqu’à 128 Go, dépasse très largement ce dont un jeu a besoin aujourd’hui, mais elle profite aux puces graphiques intégrées de type Strix Halo qui puisent dans cette mémoire partagée pour leurs calculs, un peu à la manière d’une carte graphique dédiée.
L’autre avantage non négligeable, c’est l’absence de dépendance au cloud gaming ou à une connexion internet stable. Sur un trajet en train, en avion ou dans un lieu sans réseau, vos jeux Steam ou Epic restent jouables normalement puisqu’ils sont exécutés localement, contrairement au xCloud, GeForce Now ou PS Remote Play qui nécessitent une bonne connexion. C’est un vrai argument pour les joueurs qui refusent de sacrifier leur ludothèque PC en déplacement.
La contrepartie, elle, est bien connue de tous les propriétaires de PC portables gaming : l’autonomie chute drastiquement sur les jeux les plus lourds, malgré la généreuse batterie de 115 Wh, et la chaleur ainsi que le bruit des ventilateurs se font sentir dès que le TDP grimpe. Rien d’anormal pour ce type de machine, mais mieux vaut le savoir avant de rêver d’une autonomie de plusieurs jours façon console de poche classique.
Comparatif des versions
La Next 2 se décline en trois configurations, dont les tarifs ont fortement évolué depuis l’annonce initiale à cause de la crise des composants mémoire. Voici le comparatif à jour.
Le contexte tarifaire de cette console est aussi mouvementé que sa fiche technique. Présentée initialement à partir de 1 799 dollars, la Next 2 a vu ses tarifs grimper à plusieurs reprises à cause de la flambée du prix des composants mémoire, une situation qu’AYANEO a elle-même reconnue publiquement. Résultat, la configuration d’entrée de gamme est aujourd’hui suspendue aux nouvelles commandes, et seule la version intermédiaire à 64 Go et 1 To reste ouverte aux précommandes au moment de la rédaction. Si votre budget permet ce niveau d’investissement, c’est objectivement le meilleur compromis de la gamme, avec le Ryzen AI Max+ 395 qui profite pleinement des jeux récents sans les 128 Go de RAM jugés excessifs par une partie de la presse spécialisée pour un usage gaming.
Les accessoires
Vu le positionnement très haut de gamme de la console, les accessoires suivent la même logique premium. Voici ceux qui nous semblent les plus pertinents.
Prix et disponibilité
Impossible de tourner autour du pot, le prix est le sujet numéro un de toute discussion autour de la Next 2. Lancée en campagne Indiegogo à partir de 1 799 dollars, la console a vu ses tarifs revus significativement à la hausse en cours de route, jusqu’à atteindre 2 999 dollars pour l’entrée de gamme et 5 299 dollars pour la configuration la plus complète. Ces prix sont hors taxes et ne couvrent qu’une seule année de garantie, un détail qui pèse lourd à ce niveau de tarif.
En euros TTC, la version la plus chère avoisine les 5 560 euros, une somme qui dépasse largement le budget d’un PC de bureau très haut de gamme. Pour donner une idée de la mise en perspective, cette machine coûte plus de cinq fois le prix d’un Asus ROG Ally X, référence pourtant déjà considérée comme premium sur le marché des consoles PC portables. Seule la configuration intermédiaire à 64 Go et 1 To reste actuellement ouverte aux précommandes, les autres versions étant suspendues faute de stock de composants mémoire suffisant.
Conclusion : une prouesse technique, un tarif qui divise
Difficile de conclure ce test sans une certaine ambivalence. Sur le plan purement technique, la AYANEO Next 2 est indiscutablement impressionnante : un écran OLED parmi les plus beaux jamais montés sur une console portable, une puce capable de rivaliser avec un PC de bureau récent, et la possibilité, réelle et sans compromis majeur, de jouer nativement à toute votre ludothèque Steam, Epic, Ubisoft ou Blizzard depuis vos mains. C’est un exploit d’ingénierie que peu de constructeurs peuvent revendiquer.
Mais le tarif change complètement la nature de la recommandation. À plusieurs milliers de dollars, la Next 2 quitte le terrain du grand public pour s’adresser à une clientèle très restreinte, prête à payer le prix d’une voiture d’occasion pour du gaming nomade. Plusieurs rédactions spécialisées, y compris françaises, ont d’ailleurs qualifié la configuration à 128 Go de mémoire d’excessive pour un usage strictement gaming, une débauche de puissance qui dépasse largement les besoins réels des jeux actuels.
Notre avis rejoint largement ce constat. La Next 2 mérite le respect technique, mais elle ne s’adresse clairement pas au joueur qui cherche une console d’appoint pour son salon ou ses trajets. Si votre budget le permet et que vous voulez littéralement le meilleur de ce qui existe en gaming portable Windows, foncez. Pour tous les autres, une Steam Deck, une ROG Ally X ou même une AYN Thor pour l’émulation offriront un rapport plaisir-prix bien plus raisonnable.







