Vous rêvez de jouer les méchants, de creuser des donjons monstrueux, de commander des hordes d’orcs et de non-morts tout en ricanant dans votre fauteuil de maître du mal ? Dungeons 3 vous tend la main, ou plutôt la griffe. Suite directe des deux premiers opus de Realmforge Studios, ce jeu de stratégie assume totalement son ton parodique et son amour pour l’humour potache. Mais derrière les blagues et les nains grimaçants, y a-t-il un vrai jeu solide ? On a plongé dans les entrailles du donjon pour vous.
🎮 Gameplay
Dungeons 3 se divise habilement en deux phases bien distinctes. En bas, dans votre donjon : vous creusez, construisez des salles, gérez vos ressources et recrutez vos sbires. En haut, à la surface : vous lancez vos armées de créatures maléfiques à l’assaut du monde des héros dans un vrai jeu de stratégie en temps réel façon Warcraft. Ce double gameplay fonctionne vraiment bien et offre une profondeur appréciable. Construire des salles de torture, de bibliothèque ou de brasserie pour contenter vos unités est aussi satisfaisant que d’orchestrer une attaque coordonnée contre un village d’humains trop vertueux. Le jeu propose une campagne solo généreuse, un mode escarmouche et même un multijoueur. Seul bémol : la courbe de difficulté peut se montrer capricieuse, avec quelques pics frustrants qui tranchent avec le ton décontracté de l’ensemble.
🎨 Graphismes
On est clairement dans le registre du cartoon assumé, avec des décors colorés, des créatures expressives et un style visuel qui privilégie le charme à la technique. Dungeons 3 ne cherche pas à impressionner avec des shaders next-gen, il mise sur une direction artistique cohérente et des animations rigolotes qui donnent de la personnalité à chaque unité. Les donjons sombres contrastent bien avec les plaines verdoyantes de la surface. C’est propre, lisible, et ça tourne sans broncher sur des configurations modestes. On aurait aimé un peu plus de variété dans les tilesets au fil de la campagne, mais l’ensemble reste agréable à l’œil du début à la fin.
🎵 Son
L’un des points forts du jeu, sans hésitation. Le narrateur omniprésent, un démon sarcastique au possible débite ses commentaires avec un timing comique remarquable. Les dialogues sont écrits avec un vrai sens de la dérision : on y trouvera des références à Donjons & Dragons, aux grandes licences du RPG et même quelques clins d’œil méta assez savoureux. La musique d’ambiance colle parfaitement à l’univers, oscillant entre orchestration épique de pacotille et mélodies donjon-esque qui font sourire. Les bruitages sont soignés, chaque créature ayant ses propres sons. Le tout est disponible en anglais uniquement, ce qui peut freiner certains joueurs francophones peu à l’aise avec la langue, d’autant que les jeux de mots sont nombreux et subtils.
⏱️ Durée de vie
Dungeons 3 est généreux. La campagne principale propose une quinzaine de missions bien fournies, comptez entre 15 et 20 heures pour en venir à bout sans se précipiter. S’y ajoutent plusieurs DLC qui étendent considérablement le contenu, des extensions thématiques (fées, pirates, vampires…) qui apportent de nouvelles campagnes, unités et mécaniques. Le mode escarmouche permet de rejouer à l’infini sur des cartes variées, et le multijoueur offre quelques heures supplémentaires si vous trouvez des partenaires de jeu. Un titre qui en donne pour son argent, surtout lors des fréquentes promos sur Steam où il est souvent bradé.




